Vendredi 15 avril : 5° jour 

Météo toujours mitigée avec beaucoup de vent. 

Nous quittons le lac de Bierik en direction de la vallée de Ruohtes

Nous contournons le Sarvatjähkka et Tjagnaris en les laissant à notre droite. Nous déjeunons dans le hutte du téléphone de secours de Skarja. La météo s'améliore. Il commence a refaire super beau.

Cette vallée est sublime. Les pentes abruptes surtout du côté droit forment des courbes symétriques et vraiment harmonieuses. Nous décidons de pousser jusqu'au petit lac de Ruohtes pour bivouaquer. Il est au fond de la vallée calé entre toutes les montagnes.

Nous skions à l'ombre et notre objectif est en pleine lumière ; comme irrattrapable car le soleil en train de se coucher. Nous skions à 500 mètres l'un de l'autre et pourtant, sans nous consulter, lorsque nous sortons de l'ombre à la lumière l'émotion nous gagne, le spectacle est grandiose, on se sent minuscules, les larmes ne sont pas loin...

Samedi 16 avril : 6° jour 

Départ 11H mais Lucas est reparti de 7 à 9H faire une petite virée. La visibilité est limite. Il y a beaucoup de vent et il neige. Nous traversons une nouvelle zone de moraines dans un dédale de grandes roches posées par l'ancien glacier. L’atmosphère est étrange voire un peu inquiétante. On slalome à travers ce chaos qui n'est pas à notre échelle. Nous terminons l'étape en progressant dans le lit gelé d'une rivière. C'est vraiment joli, d'autant que la météo s'améliore rapidement. Nous bivouaquons au pied de l'Ahkka avec de l'autre côté le Gisuris.

Dimanche 17 avril : 7° jour

Tempête de ciel bleu.

Nous en profitons pour faire prendre l'air à toutes nos affaires, faire notre toilette, faire sécher nos chaussures de skis … le bonheur. Nous en profitons aussi pour recharger avec les panneaux solaires la batterie et la balise d'urgence.

En prenant de la hauteur nous nous apercevons de la grandeur du parc de Sarek, du nombre incalculables de vallées, qu'il y a aussi un grands nombres de sommets skiables ; enfin un vrai paradis pour ce que nous faisons. Il faudra de toute évidence revenir plus longtemps.

Après 2 heures de montée nous nous régalons bien sur à la descente. J'en profite pour faire un petit coucou à Yoann de l'ESF qui m'apprends depuis 2 ans le télémark ainsi qu'à Christophe de Jura Télémark

Retour au campement les gros bouffis font la sieste en plein soleil : le bonheur !

Nous décidons de casser le rythme et plier le bivouac en fin de journée pour une étape de nuit.

 

Nous espérons avec cette belle météo skier de nuit sans frontale et pourquoi pas sous les aurores boréales.

 

Nous quittons le campement à 22H. Un joli renard viendra nous faire un petit coucou ; c'est surtout que ça sent la nourriture à 2 kilomètres !

L'atmosphère est magique.

Nous empruntons une vallée très encaissée. Nous entendons et surprenons des lagopèdes de tous les côtés.

Peu à peu nous commençons à entrevoir des balais lumineux diffus dans le ciel et tout d'un coup l'intensité s'amplifie. L'espace de 15 à 30 secondes nous sommes sous une aurore d'une amplitude inouïe qui balaye le spectre lumineux de ces milles feus.

Il doit être environ minuit. Nous nous arrêtons et sortons nos sacs de couchages pour nous apprêter à passer une nuit à la belle étoile. Les yeux rivés dans le ciel à lutter contre le sommeil pour ne rien manquer nous glissons doucement de notre rêve éveillé dans un profond sommeil. 

Lundi 18 avril : 8° jour 

Réveil difficile. Nous sommes patraque. Après plusieurs café nous reprenons la route. Ça sent la fin du voyage à 2 puisque demain Lucas rentre à Kiruna.

Pour rejoindre le lac d'Akka et retourner à Ritsem nous devons traverser de nouveau une moraine très peu enneigée, dans un dédale de pierres, de ruisseaux et de végétation. Midi nous arrivons sur les bords du lac et pouvons voir Ritsem sur la rive opposée. 

Nous déjeunons. Le temps est magnifique. Pas un nuage.

Petit roupillon avant d'attaquer la traversée.

Le moral est moyen comme souvent en fin de voyage. La traversée de 12 kilomètres est interminable. Les proportions déroutantes. Plus de 3 heures pour y arriver. Le coup de grâce sera donnée à Ritsem car pour atteindre le refuge qui se trouve en haut du village. Il nous faudra presque 1 heure de galère pour monter car les routes ne sont plus enneigées. Nous finirons même par porter les pulkas une par une.

Nous imaginions faire la fête pour cette dernière soirée ensemble mais il est parfois difficile de sortir de sa bulle.

Nous vidrons quand même quelques bières je vous rassurre  :-)

Lulu rentre demain a Kiruna et moi je poursuis l'aventure en solo