Cette année c'est Le Sarek !

Le Parc National de Sarek : c'est magique.

C'est un des derniers grands espcaces sauvages d'Europe. C'est aussi l'endroit le plus montagneux de Suède. C'est situé très au nord. 

Après une tentative "débile" de le traverser durant la nuit polaire et en solitaire il y a 2 ans je partirai cette fois-ci en avril : c'est mieux ;-)

Je partirai en tout 18 jours. Les 9 premiers jours je serai avec mon ami Lucas et le restant du voyage en solitaire.

Lucas c'est un mec super !

Nous nous sommes rencontré en faisant du trail. Il est accompagnateur en montagne et nous travaillons régulièrement ensemble.

Nous partageons tous les 2 la même passion du sport, de la montagne, de l'aventure et surtout on ne se prend pas trop la tête.

Départ 10 avril de l'aéroport de Genève direction Kiruna via Zürich et Stockholm Arlenda.

Nous arrivons à kiruna à 23 heures.

J'adore ces aéroports de bout du monde. C'est là que pour moi le voyage commence.

Les gens du coin retrouvent les leurs, ils se tapent la bise et se hâtent de rentrer. Ils ont sûrement plein de choses à se raconter. Le terminal se vide aussi vite qu'une cours de récré.

Notre taxi arrive et zou, direction notre hôtel au campus de kiruna où nous avons trouvé des chambres à 52 euros ce qui est très raisonnable pour la Suède.

 

Réveil 5 heures du matin :

Il fait grand jour ! On saute dans nos caleçons, un café, on sort tout le matériel et le temps de le dire il est déjà 5h30. Le taxi est la prêt à nous emmener à la station de bus.

6h : départ de Kiruna en bus direction Saltoluokta pour le départ du raid. Enfin plutôt Kebnats car il faut traverser le lac de Suorva pour rejoindre saltoluokta. Ce lac est la continuité du Lac d'Akka.

C'est un des plus grands de Suède avec plus de 60 kilomètres de long. Nous traversons le lac en motoneige. La météo est avec nous. Il fait un temps sublime.

Nous faisons nos derniers achats au refuge de Saltoluokta : pétrole, Wasa, sucre ...

14 heures: nous démarrons l'aventure

Ça commence par une belle montée pour rejoindre le plateau

Les premiers mètres sont très durs vous pouvez imaginer ;-)

Nous partons d'une altitude de 400 mètres à la hauteur du lac et devons rejoindre des vallées situées entre 800 et 900 mètres d'altitude. Les sommets sont eux situés entre 1600 et 1900 mètres d'altitude. Cette différence paraît faible mais bien suffisante pour changer d'étagement de végétation. Les forêts disparaissent intégralement.

Cet après-midi nous ferons 12 kilomètres pour planter le bivouac à 18H en plein milieu du lac de Pietsaure. Nous avons la chance de surprendre un vison d’Amérique qui joue devant nous en se laissant glisser sur les petites pentes enneigées d'une rivière gelée. La magie du voyage démarre. Les yeux, les oreilles enfin tous nos sens s'éveillent pour ne rien manquer du spectacle.

Quand on parle de déplacement à ski avec des pulkas chargées entre 50 et 60 kilos et bien on avance doucement. Sur mes 5 derniers raids la moyenne a été de 3,5 kilomètres par heures dans des environnements aux dénivelés moyens.

12 avril : 2° jour

Nous démarrons par une très belle matinée. Temps au beau fixe.

Nous terminons de traverser le lac et commençons à apercevoir du relief. Nous devons contourner le Slugga qui est une petite montagne pyramidale. Nous progressons dans des « champs » d'anciennes moraines et ça n'est que le début. Il devait y avoir des glaciers gigantesques.

L'après midi se gâte. Le vent se lève. Le froid arrive. Un effet blizzard donne une atmosphère d'un autre monde et d'un coup d'un seul. On se concentre sur soi-même. On rassemble ses énergies. On progresse seul dans sa bulle, assourdie par le bruit du vent, du bonnet, de la capuche et du masque ... j'adore

Nous aurons de l'eau vive à ce bivouac et c'est un véritable luxe de ne pas avoir à changer la neige en eau ! Du coup nous verrons et entendrons beaucoup de Lagopèdes à cet endroit. Ils débutent leur saison des amours et leur chant est incroyable. On a l'impression qu'il parle des dialectes dignes d'une taverne de la guerre des étoiles !

Comme toutes les nuits nous dormons entre 9 et 10 heures. Pas besoin d'être bercé.

Pour l'instant on respecte bien les contraintes d'hydratation. On essaye de boire entre 3 et 4 litres par jour chacun.

 Les rations journalières sont presque intégralement mangées soit environ 4500 K.Cal.

13 avril : 3° jour 

Départ 9H30

On croise juste à notre départ un couple de suédois super sympa avec leur chien qui terminent leur raid. Après 12 jours ils n'ont pas du voir beaucoup de monde parce que le suédois n'est pas très bavard et là on n'arrive plus à s'en débarrasser ! Enfin on fera peut être de même d'ici quelques jours

Temps de nouveau sublime. Nous traversons une immense zone de mauraine où nous semblons minuscule dans ce dédale !

Nous commençons à apercevoir les très beaux reliefs du massif Âhpar et du mont Sarvatjähkka

Entre les 2 massifs il y a le lac de Bierik où nous aimerions planter le bivouac. Une très grande vallée s'offre à nous ; dans le prolongement le lac de part et d'autres des montagnes.

Nous plantons le bivouac au bout du lac, un peu en hauteur, face à un magnifique sommet. La température chute : il fait -21°. C'est propice aux aurores boréales alors nous guettons.

Vers 22 heures nous sortons de la tente et marchons un peu et observons quelques aurores boréales. L'activité solaire est intense mais il est tard dans la saison. Les cieux sont moins profonds et obscures qu'en février ou mars alors les aurores moins lumineuses et colorées. Mais tout de même le spectacle est unique. Côté photos il faudra attendre un peu ;-)

Jeudi 14 avril : 4° jour.

Nous décidons de laisser le bivouac en place pour une nuit supplémentaire dans ce lieu de rêve. J'en profite pour remercier Guillaume Bertocchi car cet endroit fait parti de la liste des incontournables qu'il m'avait communiqué. J'étais parti avec lui il y a 2 ans traverser en Norvège les massifs de Skarvheimen et de Jötunheimen.

La météo va se dégrader d'heure en heure

Nous décidons de faire une virée au carré des prédateurs. Nous resterons à l'aplomb de ce carré car la météo se dégrade. Ce carré est en fait l'intersection de 3 vallées en basse altitude avec de la végétation et pas mal d'animaux ; donc des prédateurs.

Retour au bivouac je me repose. J'ai un peu mal aux chevilles alors pépère va récupérer.

Lulu lui n'a pas sa dose et ira faire un petit tour dans une vallée voisine : Snavva.


Pour poursuivre l'aventure c'est par là